Entretien de la végétation en berge

La ripisylve est l'ensemble de la végétation bordant un cours d'eau ou un milieu humide. Elles comportent des herbes aquatiques et semi-aquatiques, des arbustes et des buissons, des arbres sur plusieurs mètres de largeur et tout au long du cours d'eau.

Pourquoi entretenir régulièrement ? 

Présente sur les berges, la ripisylve remplit plusieurs fonctions :

- régulation de la température par création d'un ombrage limitant le réchauffement de l'eau et l'eutrophisation,

- épuration des eaux ruisselant sur le bassin versant (filtration des polluants par un espace tampon),

- limitation de l'érosion et stabilisation des berges par le système racinaire des végétaux,

- régulation des écoulements et ralentissement des crues par dissipation de l'énergie des cours d'eau,

- couloirs de migration pour la faune,

- habitat pour une faune et flore terrestre et aquatique très riche,

- source de nourriture,

- attrait paysager en soulignant la présence d'un cours d'eau.

Les différentes techniques d'entretien

L’entretien de la ripisylve doit être réalisé de façon pluriannuelle (3 à 5 ans), selon la dynamique de la végétation, de novembre à mars, hors période de végétation et de nidification des oiseaux. Intervenez régulièrement et de façon sélective, pour maintenir une ripisylve fonctionnelle continue, large et diversifiée en essences, en âges et en strates (herbacée, arbustive, arborée) pour une meilleure résistance aux maladies.

L’intervention manuelle est préférable. Les traitements chimiques sont à proscrire.

Une gestion durable de la végétation rivulaire garantit l'équilibre de son écosystème. L'entretien peut revêtir différentes formes.

Coupes sélectives

N’hésitez pas à réaliser des ouvertures de manière ponctuelle pour alterner ombre et lumière et favoriser ainsi le développement de la vie aquatique. Attention : l'export des rémanents de coupe est indispensable.

Plantation ou replantation

Pour planter en bord de rivière, il est préférable de privilégier une ripisylve adaptée, en strates, et de favoriser la diversité des essences et des âges.

L'idéal est de planter au plus près de l'eau les végétaux aquatiques, tels que les hélophytes (iris, roseaux, carex...), qui favorisent la stabilité des berges. Plus on s'éloigne du cours d'eau, plus les espèces à privilégier s'élèvent. Vient d'abord une zone à bois tendre (talus) où planter les espèces arbustives telles que les saules, les fusains, la viorne ou encore la bourdaine, puis les saules arborescents, les noisetiers et les aulnes. Sur le haut de la berge, les arbres qui s'acclimatent bien à nos régions sont le frêne et l'érable.

En revanche, certaines espèces sont à éviter. C'est le cas notamment des peupliers, pourtant très présents en bord de rivière, car leurs racines superficielles ne permettent pas de stabiliser les berges et qu'ils sont donc sujets, plus que d'autres, à créer des embâcles. Sont également inadaptés les conifères, dont certains ont des feuilles toxiques.

Elagage

De manière générale, il convient d'élaguer les branches basses d'un diamètre de plus de 5 cm qui risquent de perturber l'écoulement des eaux en cas de crue. Pour cela, il suffit de couper la branche au ras du tronc en prenant soin de ne pas blesser l'écorce.

Recépage

L'intervention consiste à régénérer la végétation en place en conservant les souches. Cette technique de taille est réservée aux arbres de haut jet (chêne, frêne, etc.), aux espèces arbustives hautes (aulne, érable...), aux arbres vieillissants ou malades qui présentent une forte prise au vent et dont la protection du pied de berge est absente. La taille doit être réalisée à 5 cm au-dessus du sol environ. Deux ans après, la cépée qui en résulte présente un meilleur enracinement et protège la berge contre l'érosion en ralentissant le courant. Cette technique permet d'alterner les zones d'ombre et de lumière. Certaines espèces ne peuvent pas être recépées car elles ne peuvent pas créer de rejets du pied (ex : chêne).

Le recépage peut aussi être réalisé pour reformer un arbre de haut jet par une taille en têtard. Cette méthode consiste à tronçonner le tronc d'un arbre à 1,5 ou 2 mètres du sol pour que les branches repoussent ensuite en couronne. Plusieurs espèces supportent bien ce traitement : les saules arborescents, les frênes, les ormes, les chênes...). 

Il consiste à abattre les arbres dont la stabilité est menacée (morts ou malades), dont l'implantation gêne l'écoulement des eaux ou inadaptés au milieu rivulaire. On veillera toutefois à conserver les souches (au ras du sol) qui aident au maintien des berges. Lors de l'abattage, le bois coupé doit être évacué hors de la zone potentielle de crue.

Débroussaillage

Sans toutefois effectuer des coupes à blanc, le débroussaillage ponctuel permet de redonner de la vigueur aux espèces préservées.

Taille de rééquilibrage

La taille de rééquilibrage concerne les arbres en bonne santé mais menaçant de tomber dans le lit mineur. L'élagage permet d'éclaircir les arbres et de leur redonner de la vigueur par une taille des branches basses. Ces deux techniques s'opèrent de préférence depuis la berge. Là encore, il est conseillé de conserver une alternance de zones d'ombre et de lumière.

Elimination des plantes invasives

La renouée, la jussie, entre autres, ont tendance à coloniser nos cours d'eau. Elles sont à éliminer le plus tôt possible, jusqu’aux racines et en prenant soin d’évacuer les résidus de coupe qui constituent des boutures éventuelles.

Sélection des individus à conserver, préservation des souches

En retrait du lit, certains arbres morts sont à conserver pour favoriser la biodiversité. Ils constituent en effet des lieux de vie pour de nombreuses espèces. De même, les souches participent à la stabilité du sol, limitent l'érosion et abritent de nombreux insectes.

Enlèvement des embâcles mobiles

Amoncellements de bois morts de différents diamètres et de déchets dans le lit mineur d'un cours d'eau, les embâcles peuvent former des barrages et gêner l'écoulement naturel des eaux. Ils sont souvent révélateurs de la densité du boisement rivulaire et de son état sanitaire. Attention : toute intervention mécanique dans le lit mineur d'un cours d'eau nécessite un accord explicite de la police de l'eau.

Fauche tardive et annuelle

Laissez les grandes herbes se développer jusqu’à leur floraison et préférez une fauche tardive et annuelle à une tonte répétée.

Périodes d'intervention

En fonction de la nature des travaux à réaliser, les périodes d'intervention peuvent différer.

Toutes interventions directes sur la ripisylve s'effectuent de préférence en hiver, durant la période de "repos végétatif". Cela concerne les plantations, mais aussi l'abattage et le recépage. On prendra particulièrement soin d'éviter la période d'éclatement des bourgeons, celle de la chute des feuille ou encore la période de reproduction des oiseaux (de début mars à mi-juin).

L'enlèvement des embâcles peut être réalisé tout au long de l'année, même si la période estivale est plus favorable du fait de l'abaissement de la ligne d'eau.


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