Restauration de la continuité écologique

Le SBV4R est actuellement engagé dans plusieurs études et travaux de restauration lourde, dits de restauration de la continuité écologique :

1) Etude de faisabilité à l'aménagement du moulin de Mézières

Dans le but de restaurer la continuité écologique de l'Eure au droit des ouvrages du moulin de Mézières, le Sicme a lancé en 2015 une étude de faisabilité à l'aménagement du moulin, proche du plan d'eau de Mézières-Ecluzelles, le plus grand du département. Cette proximité, du fait de la classification en Espace Naturel Sensible, représente une contrainte. Chaque année, grâce aux activités nautiques, ludiques, récréatives et halieutiques proposées, le site accueille de nombreux visiteurs.

Les vannes de l'ouvrage partiteur, automatisées en 2008, ne fonctionnent plus correctement. Elles sont ouvertes manuellement en période de crue et refermées durant l'étiage. Sur l'ouvrage de décharge, les vannes sont maintenues en position haute depuis plusieurs années durant les périodes de moyennes et hautes eaux, sauf durant les périodes où les activités de la base nautique du plan d'eau fonctionnent. Les vannes sont fermées à l'étiage. En période de crue, de nombreux embâcles s'accumulent dans l'ouvrage.

Après étude et modélisation hydraulique réalisée par le cabinet d'études CIAE, il apparait que les ouvrages du moulin de Mézières accentuent le risque inondation dans le bief amont et dans le centre bourg d'Ecluzelles, en créant des bouchons. En basses et moyennes eaux, la fermeture du vannage diminue considérablement le dynamisme de l'Eure.

De même, les mesures effectuées à différentes périodes de l'année montre le rôle assez limité des ouvrages sur le maintien en eau du plan d'Eau de Mézières-Ecluzelles.

Pour corriger les impacts des ouvrages du moulin d'Ecluzelles sur l'Eure, CIAE a proposé 4 scénarii, du plus ambitieux au moins ambitieux, conformément aux pré-requis de l'Agence de l'Eau Seine Normandie, à savoir :

- la remise de l'Eure en fond de vallée (son lit naturel) : restauration optimale mais la base nautique serait considérablement réduite sur le plan d'eau et les travaux de terrassement et de remblais seraient extrêmement coûteux (supérieurs à 1 million d'euros).

- l'effacement de l'ouvrage : restauration effective de la continuité écologique et des habitants dans la zone de remous, mais baisse de la ligne d'eau en amont d'un mètre environ à l'étiage et de celle du plan d'eau d'environ 20 à 30 cm, n'entravant pas l'activité pêche. Dans ce scénario, le risque inondation est réduit sur la commune d'Ecluzelles. La fourchette budgétaire se situe entre 100 000 et 150 000 euros. C'est le scénario qui a été retenu par le comité de pilotage et validé par l'Agence de l'Eau Seine Normandie.

- la suppression du vannage de décharge du moulin : la restauration de la continuité écologique de l'Eure n'est pas optimale compte tenu de la présence d'une contre pente dans le bief qui crée un ralentissement des écoulements et une augmentation des particules fines. L'impact de ce scénario sur le risque inondation est très limité du fait de la conservation de l'ouvrage partiteur. L'impact sur la ligne d'eau du plan d'eau est quasi identique à celui constaté avec le scénario précédent.

- la restauration des vannages à l'identique avec mise en place d'un dispositif de franchissement pour assurer la continuité piscicole durant les périodes où les ouvrages sont fermés : scénario refusé par l'Agence de l'Eau Seine Normandie du fait de son faible gain écologique.

Le cabinet d'études a également mesuré l'impact de ces différents scénarii sur les berges situées en amont de l'ouvrage. L'hydromorphologie de l'Eure est pénalisée par la présence de nombreuses protections de berge. Certaines, en dur, réalisées dans les règles de l'art, semblent devoir perdurer. D'autres, plus légères, de type tunage, réalisées en matériaux divers et souvent rustiques, sont peu stables. Malheureusement, ce sont ces dernières qui représentent 80 % des situations présentes. Les investigations du bureau d'études, en période d'ouverture des vannes, n'ont pas mis en évidence de zone notable d'érosion sur l'Eure, l'essentiel des dégradations observées étant le fait des ragondins.

Les berges en amont immédiat de l'ouvrage seront reprises dans le cadre des travaux issus de l'étude menée.

Le propriétaire du moulin a abrogé son droit d'eau. Le bureau d'études est en phase de rédaction des dossiers réglementaires nécessaires. Lorsqu'ils seront validés par la DDT, le SBV4R pourra lancer l'appel d'offres pour la réalisation des travaux d'effacement.

2) Etude d'aménagement de 4 moulins sur l'ancien secteur du Sire 1 (à venir)

Marcilly-sur-Eure

Sorel-Moussel

Saussay

Garennes-sur-Eure

3) Etude d'aménagement de 2 moulins sur l'ancien secteur de la Basse Vesgre

En 2010-2011, l'ancien syndicat de rivière en charge de la portion avale de la Vesgre (SIBV) avait lancé une « Etude préliminaire pour le rétablissement de la continuité écologique sur la Vesgre aval » ayant permis d’identifier 9 obstacles à la continuité écologique et de proposer des esquisses d’aménagements.

Suite aux travaux déjà entrepris en 2015, et après une phase de concertation préalable, deux nouveaux propriétaires de moulins sont favorables à une étude spécifique de leurs ouvrages : le moulin de Berchères-sur-Vesgre et le moulin de Saint-Ouen Marchefroy. La nouvelle étude vise donc à restaurer la continuité sur la Vesgre de façon ambitieuse, via des solutions d’aménagement des ouvrages hydrauliques de ces deux moulins, tout en assurant la restauration de la rivière dans toutes ses composantes (hydrologique, hydromorphologique, paysagère…).

Les  principaux objectifs des travaux envisagés par la suite sont de :

Berchères-sur-Vesgre

Le site du moulin de Berchères-sur-Vesgre est constitué de 4 ouvrages :

  1. la prise d’eau amont (buse)
  2. la première vanne de décharge
  3. la deuxième vanne de décharge
  4. la vanne lancière

Le bief est alimenté en eau par dérivation des eaux de la Vesgre au niveau du château de Herces. Sa longueur totale est 920 mètres.

L’ouvrage de la prise d’eau permet d’alimenter la Vesgre « historique » par maintien d’un niveau haut dans le bief, situé en rive droite du cours d'eau.

En aval, le bras naturel du cours d’eau est aménagé avec un ancien lavoir équipé d’un seuil empierré. Ce dernier permet de maintenir un niveau d’eau au droit du lavoir.

Saint-Ouen Marchefroy

Le site du moulin de Saint-Ouen Marchefroy est constitué de 4 ouvrages :

  1. le seuil répartiteur amont
  2. la vanne de décharge
  3. une vannette de décharge
  4. l’ancienne vanne lancière

La longueur totale du bief est d’environ 1 600 mètres. Son alimentation est assurée par un seuil de répartition transversal au cours d’eau, situé en prairie amont, à la limite communale entre Saint-Ouen Marchefroy et Berchères-sur-Vesgre.

En aval de l’ancienne vanne lancière, l’envasement est important. Plusieurs passerelles et ponts privés permettent de le franchir. Le seuil de répartition est implanté en amont immédiat de la station d’épuration de Berchères-sur-Vesgre. Le rejet de la STEP se fait dans la "fausse Vesgre".

Sur le site du moulin de Berchères-sur-Vesgre, la continuité sédimentaire est partielle via les vannes de décharge. Il en est de même pour les vannes de décharges du moulin de St-Ouen Marchefroy. Cependant, le seuil répartiteur amont du moulin de St-Ouen Marchefroy est un ouvrage dur, non manœuvrable, qui bloque le libre flux sédimentaire dans la "fausse Vesgre".

L’analyse granulométrique du lit de la rivière sur ce secteur montre une accumulation sédimentaire en amont de l’ouvrage. D’un point de vue morphologique, l’impact potentiel de ce seuil répartiteur sur la dynamique sédimentaire remonte sur environ 250 m.

4) Travaux de suppression du vannage de la Grande Roue de l'usine Norgine Pharma à Dreux

Sur le site de l'usine de Norgine Pharma, le Moulin de la Grande Roue surplombait le bras de l'Ecluse de la Blaise, à Dreux.

L’ouvrage de Norgine était relevé depuis la tempête de 1999, les opérations de travaux ne portaient ni atteinte au profil en long ni au profil en travers, un simple porté à connaissance a donc était réalisé auprès de la DDT 28.

3 pelles et 2 montants en béton ont été supprimés fin octobre 2019, facilitant l'écoulement des eaux et des sédiments sur ce site. Ces travaux, réalisés par les Ateliers de Coulombs en 2 jours seulement, ont coûté au total 9 600 € TTC, dont 6 400 € ont été subventionnés par l'Agence de l'Eau Seine Normandie. L'entreprise Norgine Pharma a signé une convention avec le SBV4R pour prendre en charge le reste du montant.


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